Une scolarité commencée � l’âge de trois ans et menant � un baccalauréat général et technologique sans redoublement est évaluée � 99 060 euros. En 1990, ce même cursus scolaire était estimé � 70 310 euros, soit une augmentation de 41 % en 15 ans !

Une inflation des dépenses due en partie � l’augmentation de la masse salariale : augmentation mécanique avec la qualification, et avec le nombre d’enseignants/élèves. Par contre leur salaire se situe dans le dernier tiers du classement de l’OCDE: classement en dollars convertis

Des coûts d'enseignement du secondaire si élevés, c'est la conséquence de l'effort de massification de l'enseignement. Aujourd'hui le dernier de la classe d’antan se retrouve en seconde, alors on multiplie les heures de dédoublement et de soutient (en math, en français…) et on constate une diversité excessive dans les options et les moyens dits « pédagogiques » : des équipements ( financés par la région, souvent mal gérés comme ces réseaux bancals sans véritables professionnels pour s’en occuper � plein temps), des initiatives coûteuses, la multiplication des réformes des pratiques, tout cela pour tenter de résorber la misère scolaire, alors que cela ne contribue qu’� « flouter » la carte et � rendre illisible le projet de l’école.
Chaque année est inventée une nouvelle pratique fumeuse autour du concept de l’ «élève au centre de son savoir » ou « le savoir en construction » et tout le blabla institutionnel des pédagos dénoncé par Lafforgue, médaille Fields et président « démissionné » du Haut Conseil de l'éducation , qui s’étonnait que l’on persistât dans une voie dont on constatait toujours plus l’effrayante inanité !

Les associations de parents sont aussi largement responsable de cette dérive et entretiennent ce pourrissement démagogique de l’école. Il est facile de professer une rationalisation de l’orientation en fonction de ses capacités, mais quand on propose une seconde professionnel, alors l� , c’est le drame : tout est un problème de Représentation, marronnier marxiste. Alors c’est compliqué…

Il est aujourd’hui urgent de promouvoir l’enseignement professionnel -et technologique-, de le « décomplexer », pour une meilleure adaptation aux besoins des entreprises, et pour l’intérêt même des étudiants : il est aberrant de penser que des classes d’apprentissage en chaudronnerie (ou BTS) ferment, alors que nous manquons cruellement de techniciens dans ce domaine, et que des milliers d’étudiants s’entassent, le seul bac au rabais en poche, dans les voies sans issue de l’Université pour tous, en psycho, ou en STAPS, et l’échec programmé dans ces filières contribue � alimenter la marée des rancœurs: la plus grande partie des bacheliers du général (63%) s'engouffrent dans les universités, pour des études longues, pour beaucoup peu ou pas qualifiantes, et avec un taux d' échec désastreux.

Un autre problème est le nombre aberrant d’options : gallo ou toute autre langue locale, arabe ou autre langue « exotique », toutes ces concession � la liberté d’enseignement, au droit � la « différence », ont un coût exorbitant : il faut recruter des enseignants, souvent pour une demi-douzaine d’élève par classe…Tout le monde connaît aussi le problème de l’évaluation dans ces options, où des élèves très médiocres récoltent au bac des notes surélevées : il est certain qu’il vaut mieux surnoter pour encourager les candidats � une option rare…Je crois que l’on ferait mieux de concentrer l’enseignement sur les véritables langues d’échange comme l’Anglais, vu notre alarmante nullité.

Il en est de même pour des options scientifiques : MPI, PCL, ISI etc… qui consomment d’énormes moyens pour des résultats, des acquis bien maigres. On a l� encore multiplié les possibilités, ce qui n’empêche pas la France de se situer dans la nasse aux évaluations internationales PISA.

Au nom d’une enseignement « général » , au nom du droit � la Kultur, et pour permettre la formation de futurs « citoyens » , on maintient une densité absurde de matière : Quel est l’intérêt de la physique en 1ère L ? Nul. L’intérêt de la philo en section technique, rasoir pour 90% des élèves ? De maintenir les sciences physiques au collège coûte que coûte (alors que les élèves peinent � lire : les élèves de cinquième ont aujourd'hui le même niveau que les élèves de cm2 en 1987!), malgré l’échec patent de la relance des vocations ? Les exemples sont innombrables.

Les dernières initiatives –tant contestées pourtant- vont dans le bon sens : c’est le socle commun, socle de compétences et des savoirs fondamentaux � acquérir pour un élève � la fin du collège, pas dans le sens d’une espèce de « smig » culturel, mais de l’essentiel. On attend un projet de refondation des options qui éclaircira un peu le paysage.

Enfin, le nombre incalculable d’organismes dont les compétences se superposent, et aux objectifs parfois douteux, parasite la machine. Une véritable jungle peuplée d’enseignants en décharge, truffée de planques, où des « spécialistes » souvent déconnectés de la réalité du terrain, pondent des « idées géniales » en fait peu réalisables ou � l’intérêt bien limité, ou même pire, nocives. Il faudra y aller au coupe-coupe.

Qui aura le courage de tout remettre � plat ? De rationaliser l’enseignement, contre les enseignants de ces « niches », contre les techniciens de la décadence, contre les syndicats arc-boutés sur une idéologie suicidaire et une conception périmée du service public, et contre beaucoup d’association de parents ? Quand les enseignants cesseront-ils de se tirer dans le pied ? Quand chasseront-ils du Temple les prophètes rassis des théories soixante-huitarde perverses et déconstructionnistes, ces marchands de sable mouvant ?

Quant � l’enseignement en prépa (CPGE) ce n’est pas compliqué : la rémunération de chaque « acte » d ‘enseignement y est exorbitant, et on y maintient de privilèges moyenâgeux.: mais, il faut bien l’avouer, c’est la DERNIERE filière d’excellence, et ce n’est pas au détriment des facultés : c’est l’enseignement secondaire qui plombe l’Université, par les moyens et par le niveau désastreux des étudiants que l’on y envoie .


Le déséquilibre alarmant entre les moyens attribués au secondaire et au supérieur est un choix dans la priorité: on ne peut pas tout faire, en tous cas pas de cette manière, avec une telle orgie de moyens mal gérés. Et ce choix sera, dans un avenir très proche, désastreux. Bonnet d’âne.