Le mariage c'est d'un ringard. Enfin... à la mairie j'entends. Via Le Monde

Voici une demande qui "pose problème" à certains imams de France et inquiète des parlementaires : de jeunes musulmans souhaitent se marier religieusement, sans passer au préalable par un mariage civil. Une démarche illégale selon le code pénal, qui punit de six mois de prison et de 7 500 euros d'amende "tout ministre du culte qui procédera, de manière habituelle, aux cérémonies religieuses de mariage sans que ne lui ait été justifié l'acte de mariage préalablement reçu par les officiers de l'état civil". Récemment, le député (UMP) Etienne Mourrut s'en est inquiété dans une question écrite au ministre de l'intérieur. " Dans la plupart des communes, s'alarmait-il, les services de l'état civil ne sont quasiment jamais sollicités par les mariés de religion musulmane. En conséquence, soit il n'y a jamais de mariages religieux dans ladite religion, soit le mariage a été célébré antérieurement."

L'avantage de ne pas passer devant le maire est également qu'on peut passer plusieurs fois devant l'imam. En boycottant la Mairie, on peut devenir polygame sur le sol français même. Plus besoin d'importer sa famille si je puis dire. Et puis comme le souligne l'article, la répudiation religieuse est tout de même nettement plus simple. Ca coûte cher un divorce il faut dire, en Droit français: frais de justice, avocats, pensions...

Mais après tout, rien de neuf sous le soleil. Certains territoires ne connaissent-ils pas également une autorité "alternative" sous formes de saints hommes déambulants de cités en cités pour ramener les jeunes à la mosquée quand ils seraient tentés de "" ? Et puis certaines familles musulmanes ont très bien compris les vertus de la mondialisation, puisqu'il est possible d'externaliser la ré-éducation des petits franzawi déviants vers les madrasas pakistanaises, mais aussi les études supérieures, voire encore le service militaire.... Finalement, c'est peut-être vers une sécession douce que l'on se dirige. Les musulmans ont compris à l'occasion de l'affaire des caricatures (après celle du voile), qu'ils n'étaient pas encore en position de force en France, et qu'un clash frontal ne serait pas à leur avantage. Alors, certains ont opté pour batîr pierre après pierre une contre-société, qui prend de plus en plus forme. Une merveille de "stratégie indirecte", comme l'aurait apprécié à sa juste valeur le théoricien militaire anglais Basile H. Lidell Hart. En tous cas, pour que Le Monde, journal "culturellement ouvert" s'en rende compte, il faut croire que le phénomène n'est plus si marginal que çà.