Conjonction des temps
Par Julius |
vendredi 9 mai 2008 à 14:05 | Dossier Spécial Liban
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Est-il indispensable de continuer à jouer au petit soldat ? Il y a dans les pays du Moyen-Orient, bien plus difficile à faire, et beaucoup plus prestigieux : arracher l’homme au sous-développement en le délivrant de la condition de sujet à laquelle il est réduit depuis l’origine des temps, implique beaucoup plus d’audace qu’il n’en faut pour jouer les Napoléon dans les rues de Beyrouth et d’ailleurs.
Toujours en quête d’absolu, l’homme du Moyen-Orient se laisse facilement envoûter par les mirages. Un grain de rationalité lui permettrait de mieux trouver ce qu’il cherche sans se laisser manger par la guerre. Le Moyen-Orient a aujourd’hui besoin d’un héros, un héros qui pourrait lui faire l’économie d’une révolution.
Excellences, Mesdames et Messieurs, ne m’en veuillez pas trop de vous avoir laissé pénétrer dans ce bazar oriental où l’on se dispute tant ! Les habits chamarrés dissimulent mal là l’uniformité qui gouverne les cœurs et les esprits, et l’homme qui se détache dans la somptuosité du décor est un être pauvre et asservi.
Le Liban c’est autre chose. Après la traversée du désert, c’est la montée vers les cimes. Enserrée dans un territoire d’un peu plus de 10.000 km2, une population de 3.300.000 personnes ressortissant de 16 communautés religieuses différentes, a choisi la liberté. Mais l’exercice de la liberté est périlleux, d’autant plus que pour les Etats voisins du nôtre, il risque d’être contagieux à leur population. En Orient, l’exercice de la liberté, c’est encore une aventure, et c’est pourquoi, refuser de disparaître dans le creuset d’un système qui n’existe que pour l’asservissement de l’homme, nous vaut d’être l’objet, chaque quelque temps, d’une expédition punitive.
Pays dépourvu de ressources naturelles, environnement hostile, le Libanais est sans cesse sollicité par les défis. Beau joueur cependant, il prend un malin plaisir à les relever, et même, bien souvent, à doubler la mise dans un permanent corps à corps avec une sévère fatalité.
Bachir Gemayel a Beit Mery - 2 Avril 1982







Commentaires
1. Le vendredi 9 mai 2008 à 14:11, par fred
2. Le vendredi 9 mai 2008 à 14:29, par Foz
3. Le vendredi 9 mai 2008 à 14:38, par Julius
4. Le vendredi 9 mai 2008 à 14:53, par Foz
5. Le vendredi 9 mai 2008 à 22:45, par océan11
6. Le samedi 10 mai 2008 à 00:36, par Julius
7. Le samedi 10 mai 2008 à 01:37, par Foz
8. Le samedi 10 mai 2008 à 03:57, par Thomas Kranmer
9. Le samedi 10 mai 2008 à 04:58, par Foz
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