Life After AF 2202...
Par Major Tom |
vendredi 9 mai 2008 à 15:36 | Mode
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En Mai, j'aurai fait ce qu'il me plait. Aujourd'hui, je suis dans cette maison (la Villa Bluette), de style art nouveau construite par Hector Guimard en 1899 dans un village côtier non loin de Caen. J'ai réussi à vaincre quelques vieux démons qui depuis 1996 m'avaient paralysé à terre, m'empêchant de gouter aux plaisirs insensés du départ vers le large. Le soleil m'avait donné rendrez-vous vers midi. A l'aurore, la mer avait pourtant rejoint le ciel et il m'était bien impossible de les distinguer. J'étais probablement victime de ces derniers jours d'une intensité rare. Mes nerfs étaient à vifs. Me voilà enfin reposé. Ce week end revêt une saveur particulière. C'est l'heure du grand déballage mais aussi l'heure où comme cela arrive de manière très épisodique au cours d'une vie, l'on est confronté à un choix qui risque de déterminer les dix ou les vingt prochaines années de votre existence. Pouvais-je rêver d'un meilleur endroit pour mener à terme cette réflexion qui s'est engagée depuis plusieurs semaines?
Les personnes qui vivent ici sont d'une discrétion appréciables. Chacun vaque à ses occupations comme il l'entend. J'ai l'impression d'être serein pour la première fois depuis longtemps. Je découvre sans étonnement que Le Liban est une fois de plus au bord du chaos. Je dois avouer, c'est la vérité, que cela ne m'émeut point. La mort annoncée de Pascal Sevran ne m'a pas empêché de tirer quelques bords et de déguster des noix de saint-jacques succulentes. Je suis las, fatigué. J'ai envie d'écrire mais je ne peux plus...J'attends juillet comme jamais...
Paris et New-York ont eu raison de moi. Pour la première fois, je suis épuisé. Je suis heureux, certes, mais je ne trouve pas la force nécessaire pour écrire ce billet qui aurait simplement du s'appeler "Vol AF 2022". Les quelques deux cents kilomètres séparant l'aéroport de ce petit coin de Paradis m'ont paru une éternité. J'ai fumé une bonne dizaine de cigarettes, la fenêtre ouverte, en écoutant le Requiem en volume maximum. J'ai rencontré des femmes qui ne connaissaient pas le Requiem...Je pensais alors à Gainsbourg et à la chanson de la bande originale du Pacha avec Jean Gabin, mais à l'époque le masculin était encore la règle...Le féminin l'exception...
Le choix d'une femme est celui d'une vie. Plus que celui lié à une profession où à un lieu prêt à vous accueillir, il cristallise ce moment unique où le monde vous irradie d'une lumière inconnue, vous faisant transiter dans un passage ténébreux au bout duquel jaillit une lumière incandescente qui vous attend pour la destination finale...La maison n'est pas silencieuse. Elle bruisse de silences et d'incantations mystérieuses. Quelqu'un me parle-t-il? Qui se trouve à côté de moi? Y a-t-il réellement quelqu'un?







Commentaires
1. Le samedi 10 mai 2008 à 18:26, par Blonde & Not Dumb
2. Le lundi 12 mai 2008 à 11:11, par Joséphine
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