Il nous a été reproché de passer un été plutôt léger. Nous avons récemment envisagé les mutations sexuelles qui tendent à occuper une place de premier choix au sein de nos sociétés dites « civilisées » et nous avons également évoqués le cas de quelques peoples, sans jamais néanmoins nous départir de l’amour que nous portons au premier d’entre eux. Nous faisons donc montre d’une certaine constance dans notre propension à repousser les frontières de la gaudriole et du sérieux. Cette relâche n’a pourtant pas empêché la fréquentation du site de légèrement augmenter. Néanmoins, l’actualité ne se reposant elle jamais, nous sommes contraints de sortir de notre relative léthargie et de renfiler le bleu de travail. Le dossier qui va nous occuper pour les prochaines semaines, et ce jusqu’à la publication d’un autre dossier exclusivement consacré à l’histoire des Etats-Unis de la guerre d’indépendance à la présidence de Théodore Roosevelt, est chargé d’horreurs ineffables et devra par conséquent, être parfaitement maîtrisé. Je ne me fais pas de souci ; Julius étant l’acolyte idéal pour envisager ces choses là avec le recul et la froideur d’analyse nécessaires à toute dissection de cette nature.
Radovan Karadzic, désormais livré à la justice internationale et dont le sort ne laisse guère planer de mystère, a décidé, à l’instar de Milosevic, d’assurer seul sa défense (ce qui ne veut pas dire qu’une équipe constituée essentiellement de juristes serbes assurent le travail en amont afin qeu ce procès ne se transforme pas en une gigantesque mascarade au sein de laquelle le droit serait purement et simplement méconnu).
Cette arrestation et ce procès vont être l’occasion pour les historiens, les philosophes, les intellectuels et toutes personnes un tantinet curieuses, de se replonger dans les méandres du plus grand massacre jamais organisé, coordonné et sciemment décidé sur le sol européen depuis la deuxième guerre mondiale.
C’est pourquoi, afin de comprendre les raisons qui ont poussé des individus à commettre des actes que les Européens pensaient pourtant ne devoir jamais revoir sur leur continent, il nous semble intéressant d’évoquer ensemble les aspects politiques, historiques, ethniques et religieux de cette guerre, produit d’une bien grande naïveté et d’innombrables erreurs que tout le monde s’était pourtant juré de ne plus reproduire.
Ceux qui nous connaissent ne seront pas surpris d'entrevoir, aux fils des développements qui vont suivre, des interprétations et des rapprochements avec l’actualité brûlante de ces dernières années. Il n’est en effet pas très convenable d’envisager le futur de la France et celui de l’Europe sans parler du cas yougoslave. Cela constitue même une obligation qui dépasse le cadre du simple devoir de mémoire. Ces opinions n’engagent que leurs auteurs et nous répondrons, avec le temps nécessaire pour cela, à toutes les demandes de clarification si besoin est! (Faustine, si tu as des questions, just call me babe!)
Les guerres partageant en effet les mêmes germes, seules les solutions, par nature éphémères, que les politiques, les militaires et les diplomates se donnent tant de mal à élaborer pour en sortir, varient en fonction des circonstances. On parle alors seulement de résistance ou de collaboration. Sans guerres, il n’y aurait plus d’histoire et sans histoire il n’y aurait plus d’humanité, aussi paradoxal et étrange que cela puisse paraître.
Ainsi, le premier volet de ce dossier sera consacré au nationalisme sous l’Empire Ottoman. Est-il nécessaire de remonter jusqu’à l’implosion de l’Empire Romain d’occident ou à la chute de Constantinople pour expliquer le conflit yougoslave ? Sans aucun doute ; nous pourrions le faire. Mais l’objectif étant de démontrer que le conflit yougoslave n’est pas un cas d’école et qu’il sera tout aussi utile aux générations futures que l’est encore la Bataille d’Alger aujourd’hui dans certains sérails réservés aux initiés, nous nous limiterons volontairement à une étude des évènements sur les deux derniers siècles.
Enfin, étant donné (nous aimons à le rappeler) que nous ne sommes pas des professionnels, ni des experts ou encore moins d’éminents spécialistes reconnus et patentés comme tels par une quelconque institution, mais de simples penseurs avides de liberté, tentant dans la mesure du possible de réfléchir et d’écrire en toute indépendance, nous aimerions que ce dossier soit alimenté par des remarques constructives et pertinentes sans pour autant que les positions et les analyses de chacun, naturellement divergentes, ne viennent perturber la sérénité et la quiétude de ce lieux qui s’est toujours défini comme une tribune de laquelle rayonne le 1er amendement de la Constitution des Etats-Unis d’Amérique.