Bachar est dans la place. Génuflexions diplomatiques. Discussion tendue avec mon père hier midi. Nous ne sommes pas d'accord, mais alors pas d'accord du tout. De fait, nous avons mis un terme à cette joute stérile, lui me taxant mezza voce d'extrémiste, moi d'un homme éminemment respectable qui, ayant pourtant parfaitement intégré les nouveaux principes de Real Politik post 9/11 se retrouvait parfois au milieu du gué, empêtré dans de vieilles configuration réflexives que Kissinger a parfaitement décrites dans sa thèse sur le Congrès de Vienne. Le temps passe, les passerelles générationelles, fort heureusement, demeurent vivaces dans certaines familles. Nous avons donc déjeuné. Moules marinières, probablement ramassées au large de Trouville suivi d'une traditionnelle pièce bœuf. Qu'est-ce qu'on boit? Un Pomerol cher ami! Café! Puis un Calvados fermier fabriqué quelque part dans cette région superbe. Je suis donc augeron. Ça vous étonne?


Nous sommes allés voir Simon, un ancien chirurgien dentiste qui habite une maison somptueuse à quelques hectomètres de notre havre de paix, au milieu duquel coule une rivière. C'est ma vie, ma vie très ancienne...C'est étonnant ces gueules de bois qui vous font faire n'importe quoi! Un air de Gainsbourg et Deneuve non? M.H et Carla...ah...Ca aurait de la gueule. Troquer un palais contre une île...Vaste possibilité...


Mes arrières grand parents, Léon et Amélie habitaient à Trouville. Léon était issue d'une famille bretonne de marins-pêcheurs qui au gré des campagnes saisonnières s'en allaient travailler durant de longs mois, remontant les côtes escarpées de la Bretagne mettant le cap plus au nord, en contournantla pointe du Raz, pour finalement passer Antifer et naviguer dans les eaux qui, un siècle plus tard verront l'armada des alliés prête à débarquer. Les marins ont des femmes dans chaque port. Trouville faisait parti de ces lieux où de grands gaillards aux barbes hirsutes et aux haleines chargées par l'alcool du Capitaine débarquaient leurs cargaisons sur les quais afin de remplir leurs besaces d'assez d'oseille pour pourvoir aux besoins élémentaires et frugaux de leur descendances.


I am a rock...I am an island...I have got my books and my poetry to protect me...No one touches me...



La chasse au gibiers d'eau est lancée. C'est au son de quelques coups de fusils que je fus réveillé ce matin, aux environ de 9h00. Je n'avais pas assez dormi. Nous avons joué aux cartes jusqu'à tard dans la nuit. Le champagne rosé s'étant invité, nous ne pouvions le laisser choir ailleurs que dans nos organismes.


La maison est particulièrement belle. Je suis obsédé par cette estampes japonaise. La fille a des courbes très "françaises". Les peintres du soleil levant connaissait Renoir, c'est une évidence. De plus, la contempler en écoutant All of me a quelque chose de rassérénant.


Je n'ai pas fait l'amour depuis quelques jours. C'est terrible pour quelqu'un qui consacrerait une existence entière à cette noble activité.


Léon et Amélie eurent douze enfants. Le premier, né en 1912 ne s'imaginait surement pas, en revenant des camps S.S début 45, qu'il donnerait naissance au premier bachelier de la famille. Un petit garçon frêle qui ira lui aussi naviguer, mais pour gagner. Nous nous sommes rendus à Fremantle, Australie. Dennis Conner rétablit la hiérarchie établie et ramena l'aiguière d'argent sur les bords de l'Hudson. Harold et Edouard parlait un anglais parfait. J'étais perdu et n'arrivait pas à vaincre ma phobie déjà prégnante des insectes. Je crois que j'ai vu la "Mouche" un soir, dans une grande maison plongée dans la pénombre. Je ne m'en suis jamais remis.


Mon grand-père est mort d'un cancer du poumon foudroyant le jour de mon premier anniversaire!